Une croissance forte en Afrique Sub-Saharienne

Les projections tablent sur une croissance économique régionale d’environ 5,5 % en 2013 et 6 % en 2014. L’inflation devrait retomber à 7 % en 2013. Dans le cadre de ses réunions du printemps, le FMI a procédé au lancement de son dernier rapport sur les perspectives de l'économie mondiale en 2013. Si jusqu'ici, la tendance observée était une reprise économique à deux vitesses (l’une rapide dans les pays émergents et en développement et l’autre plus faible dans les pays avancés), les auteurs du document soulignent qu’aujourd’hui, le monde fait face à une reprise à trois vitesses.

Dans le processus enclenché, par opposition au tableau hétérogène qu’affichent les pays avancés, l’institution financière internationale estime que les pays émergents et en développement se portent bien. Aussi,  ces pays continuent d’afficher une croissance vigoureuse alors que  dans les pays avancés, l’on constate une divergence croissante entre la situation aux États-Unis et celle de la Zone euro. Selon les prévisions, les pays émergents et en développement devraient atteindre une croissance de 5,3 % en 2013 et 5,7 % en 2014. Aux États-Unis, la croissance serait de 1,9 % en 2013 et de 3,0 % en 2014. En Zone euro, de -0,3 % en 2013 et 1,1 % en 2014. Le Japon, dont l’économie connaît de sérieuses difficultés en matière croissance depuis quelques années, a annoncé une nouvelle politique basée sur une relance budgétaire et des réformes structurelles  pour une croissance attendue de  1,6 % pour 2013.

En ce qui concerne l’Afrique subsaharienne, la croissance devrait y rester forte en 2013-14, les pays riches en ressources comme les pays à faibles revenus devant bénéficier d’une demande intérieure solide. Avec un taux de 4¾ %, la croissance du PIB régional a été légèrement inférieure aux prévisions d’octobre 2012. Grâce essentiellement au dynamisme de la consommation privée et de l’investissement intérieur ainsi qu’aux exportations, l’Afrique subsaharienne a connu une solide croissance en 2012 (celle-ci s’était momentanément interrompue en 2009). La  croissance globale a été affectée l’année dernière  par l’interruption des exportations de pétrole du Soudan du Sud, la guerre au Mali et la crise en Guinée Bissau. Par contre, la production pétrolière s’est renforcée en Angola, et la Côte d’Ivoire a connu une forte reprise de l’activité économique après les perturbations liées aux élections de 2011.

BONS RESULTATS : Dans l’ensemble, les bons résultats reposent, dans une large mesure, sur les investissements opérés dans le domaine des infrastructures, le potentiel de production, la persistance d’une consommation vigoureuse et la mise en œuvre de nouvelles opportunités dans les secteurs extractifs. Au Nigéria, par exemple, le redressement, après les inondations et la mise en oeuvre de la réforme du secteur de l’électricité vont stimuler la croissance en 2013.

L’économie s’est particulièrement améliorée en 2012, en Afrique de l’Est, grâce au durcissement des politiques monétaires et à la baisse des prix alimentaires liés à une reprise de la production locale. Des freins temporaires aux tendances d’évolution ont été observés dans les pays qui ont engagé des réformes relatives aux subventions énergétiques et où les prix ont accusé des hausses ponctuelles (Nigéria, Malawi).

L’Afrique du Sud de son côté, devrait connaître une croissance timide avec un taux de 2¾ % sous l’effet du manque de dynamisme de la production minière et de la faiblesse de la demande émanant de la zone euro, son principal marché extérieur.

L’inflation quant à elle, devrait retomber à 7 %, en 2013, en Afrique subsaharienne. Globalement, le FMI constate  des politiques macroéconomiques appropriées  dans l’ensemble  dans la plupart des pays de la région.

Les principaux risques qui pèsent sur les perspectives économiques dans cette région sont d’origine extérieure (situation en Zone euro, même si les risques politiques et ceux liés à la sécurité intérieure ne doivent pas être ignorés). En effet, des troubles d’ordre sécuritaire ne sont pas à écarter dans la région du Sahel et peuvent constituer des risques pour l’activité économique de la  zone. A cela, il faut ajouter que relativement peu d’élections sont prévues pour 2013 dans la région. Autre problème : une détérioration des soldes extérieurs courants est attendue à court terme dans plusieurs pays en raison principalement de la détérioration escomptée des termes de l’échange, surtout dans les pays exportateurs de pétrole.

Dans les pays à faibles revenus, certains des investissements qui ont entraîné une augmentation de la demande finale devraient accroître, à moyen terme, les capacités dans les secteurs des biens échangeables.

En termes d’actions à entreprendre, le FMI estime qu'aux USA l’assainissement  budgétaire devrait être de moindre ampleur et de meilleure qualité aujourd’hui. En outre, l’institution encourage les autorités à entreprendre un assainissement de plus grande envergure ultérieurement. Si en zone euro, des progrès institutionnels ont été accomplis en 2012 et l’intervention de la Banque centrale européenne a réduit les risques extrêmes, les taux d’intérêt appliqués aux emprunteurs dans les pays de la périphérie restent trop élevés pour assurer la reprise, d’où l’urgence, selon le FMI, de  mesures supplémentaires pour renforcer les banques sans affaiblir les pays.

MARGES DE MANŒUVRE REDUITES. En Afrique subsaharienne, le contexte extérieur reste la principale source de risques pour la croissance, surtout pour les pays à revenus intermédiaires et les pays exportateurs de minéraux. L’environnement économique mondial restant incertain, les gouvernants des pays où les marges de manoeuvre sont réduites, devraient s’efforcer de consolider les positions budgétaires sans nuire à l’investissement productif. Un autre problème de taille auxquels  ils sont confrontés est celui de  la gestion des flux de capitaux. Ces flux  peuvent être volatils et cela complique la gestion macro-économique. Alors que l’économie mondiale a besoin d’un rééquilibrage nécessaire. A cela, il faut ajouter les craintes par rapport à la situation  de la zone euro. Étant donné que les économies sont de plus en plus interconnectées,  une reprise inégale serait une reprise dangereuse. D’où la nécessité de continuer les efforts même si certains risques ont diminué soutient le Fonds.

Dans les pays à croissance rapide où les marges de manoeuvre doivent être rétablies, le FMI exhorte les autorités nationales à adopter des mesures permettant de renforcer les positions budgétaires y compris en s’attaquant aux subventions inefficaces et mal ciblées. Les choix budgétaires sont plus difficiles à opérer là où la croissance est déficiente du fait des arbitrages à effectuer entre le soutien de l’activité économique et la limitation de l’endettement. En cas de ralentissement de la croissance, les pays devraient, selon le Fonds monétaire, laisser jouer les stabilisateurs automatiques et éviter une contraction budgétaire pro-cyclique. Les gouvernants devraient également s’efforcer de rendre la croissance plus inclusive à l’aide notamment de réformes en faveur de la diversification économique et de l’emploi. En outre, ils doivent consolider le secteur financier et s’attaquer aux insuffisances des infrastructures.

Les projections envisagent une croissance économique régionale d’environ 5½ % en 2013 et  6 % en 2014 sous l’effet principalement de l’intensification des activités en Afrique du Sud et dans d’autres pays à revenus intermédiaires et de l’amélioration du contexte extérieur. Certains pays à faibles revenus et fragiles, y compris ceux qui sont actuellement en proie à des conflits internes comme le Mali, devraient aussi voir leurs résultats s’améliorer.

F. MAÏGA

Source:L'Essor

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